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Médiation animale, accompagner l'humain avec l'animal

il y a 3 minutes
3 min de lecture
"L'animal a toujours été là pour moi mais c'est l'humain que j'ai choisi d'accompagner."

L’animal fait partie de ma vie depuis toute petite. Je ne me suis jamais vraiment posé la question de savoir s’il devait être là… il était là, tout simplement. Il faisait partie de mon quotidien, de mes expériences, de mon histoire.

Le cheval et le chien ont toujours eu une place toute particulière dans mon cœur, mais au fil des années, d’autres espèces ont aussi trouvé leur place auprès de moi : la chèvre, le mouton, le lapin ou encore le cochon d’Inde… Autant de personnalités, de sensibilités et de façons d’être en relation qui ont nourri mon parcours.

Alors, lorsque j’ai choisi d’être accompagnée par l'animal dans ma pratique professionnelle, cela a été une évidence.


Mais une autre évidence était là depuis longtemps : Je voulais consacrer ma vie professionnelle à l’humain. J’aime profondément les animaux. Pourtant, je n’ai jamais choisi entre « travailler avec l’animal » et « accompagner l’humain ». Pour moi, les deux sont intimement liés et cela me parait évident quand je regarde mon parcours.


Dans mes jeunes années en centre équestre, je me portais naturellement volontaire pour accompagner les groupes de personnes en situation de handicap dans les activités équestres pour rapidement me spécialiser dans la médiation équine. Plus tard, en ferme pédagogique, je me suis vite tournée vers les publics à besoins spécifiques. Je ressentais ce besoin viscéral de les accompagner durant le temps passé à la ferme. Sans forcément mettre des mots dessus (on ne parlait pas encore de médiation animale), quelque chose était déjà là : l’envie d’être avec l’animal pour aller à la rencontre de l’humain et l'accompagner dans son parcours de vie.


Aujourd’hui, ma vision de la médiation animale s’inscrit naturellement dans cette histoire.

Il est essentiel pour moi de rappeler qu'aimer les animaux ne suffit pas pour pratiquer la médiation animale. Sa présence peut être une évidence, notamment lorsque notre propre histoire est profondément liée à lui. Mais accompagner l’humain avec un animal demande de se former, d’observer, d’écouter, de comprendre et de savoir ajuster sa posture.

Le professionnel en médiation animale doit connaître la juste place de chacun : la sienne, celle de l’animal et celle de la personne accompagnée. Il n’est pas nécessairement expert de toutes les pathologies ou difficultés rencontrées. En revanche, il doit en connaître les limites et les principaux empêchements afin de proposer aux bénéficiaires des situations adaptées, de favoriser la réussite et bien sûr d’éviter les situations d’échec.

Et parce que cet animal partenaire, c’est nous qui l’avons choisi et qui l’emmenons en séance, nous avons aussi une responsabilité envers lui. Cela implique de connaître les besoins propres à son espèce, son mode de communication, ses signaux de confort ou d’inconfort et de rester attentif à son bien-être. Cette vigilance ne s’arrête pas à la séance : prendre soin de son partenaire animal au quotidien est une évidence, et cela doit l’être tout autant lorsqu’il intervient dans notre pratique professionnelle.

Selon moi, l’expertise du professionnel en médiation animale se trouve avant tout dans le lien : Il est un créateur de liens. Il accompagne la rencontre entre l’humain et l’animal et aussi tout ce que cette rencontre peut permettre.



La médiation animale reste avant tout un accompagnement au service de l’humain.

Aimer les animaux peut nous donner envie de les intégrer à notre pratique, mais cela ne suffit pas pour choisir cette voie professionnelle. L’animal y a une place essentielle, mais il est avant tout un partenaire dans l’accompagnement de la personne.


C’est cette complémentarité entre l’humain, le professionnel et l’animal qui donne tout son sens à la médiation animale.

Il serait dangereux, non respectueux des animaux de les utiliser pour nous soigner au détriment de leur propre épanouissement. Si nous coévoluons, si chacun apporte quelque chose à l’autre, le contrat d’entraide est correct. Mais si les soins de l’un coûtent la vie de l’autre, ce contrat peut devenir abusif. » Boris CYRULNIK

Sophie Lamidey Septembre 2026


 
 
 

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