La chèvre, une partenaire pas comme les autres en médiation animale
- lamideysophie
- 10 août
- 3 min de lecture

Dans mon parcours professionnel, la chèvre est une espèce qui m’a particulièrement marquée.
Curieuse, sociable, en recherche d’interaction, elle est aussi capable d’ajustement et d’une étonnante compréhension de l’autre être vivant… « non chèvre », en l’occurrence l’humain !
C’est un animal qui suscite des émotions. Elle communique la joie par ses « bêtises » et son caractère bien trempé. Elle peut aussi rassurer, solliciter, stimuler et contribuer au développement de l’estime de soi en portant une véritable attention à la personne accompagnée.
Et puis, dans ma pratique, j’avais parfois l’impression que certaines chèvres « savaient » ce que je pouvais attendre d’elles.
Comme pour toute espèce en médiation animale, certains individus sont particulièrement demandeurs d’interactions avec l’humain. Avec eux, nous formions un véritable binôme, dans une relation de coopération.
Car c’est bien là un point essentiel : on ne choisit pas simplement une espèce pour faire de la médiation animale. Il y a une espèce, une race… et surtout un individu, avec son tempérament, son histoire, ses compétences et ses envies. Un véritable partenaire !
Choisir de travailler avec une espèce, c’est aussi apprendre à la connaître et à comprendre son fonctionnement, être capable de répondre à ses besoins, veiller à son bien-être et en être le garant dans toutes les situations professionnelles. C’est également connaître et respecter le cadre réglementaire qui s’applique à sa détention et à son utilisation dans le cadre des activités professionnelles, et effectuer les démarches nécessaires.
Autrement dit, l’animal n’est pas un outil de médiation : c’est un être vivant, avec ses besoins, ses limites et sa propre individualité. Le professionnel a donc une responsabilité essentielle : permettre la rencontre tout en garantissant que l’animal puisse, lui aussi, y trouver sa place dans de bonnes conditions.
Avec les chèvres, la diversité est aussi une richesse : de nombreuses races, des tailles différentes, des robes variées, des chèvres cornues ou non… Cette diversité permet d’imaginer des accompagnements adaptés à différents profils de bénéficiaires.
En séance de médiation animale, les possibilités sont nombreuses :
soins : brossage, entretien des onglons, nettoyage des yeux...
nourrissage et enrichissement alimentaire ;
entretien du lieu de vie ;
balade nature ;
parcours de motricité ;
découverte de l’espèce, de la race et de l’individu, par exemple avec une « carte d’identité » de la chèvre ;
lecture en compagnie de la chèvre, avec elle, pour elle ou sur elle ;
réalisation de portraits de biquettes à la craie, à la peinture, au fusain ou avec des éléments naturels ;
jeux de plateau pour découvrir le mode de vie caprin, avec des épreuves à réaliser…
Finalement, la limite des séances est souvent celle de l’imagination du professionnel… et bien sûr, des capacités, des envies et du bien-être de l’animal.
La chèvre a vraiment occupé une place à part dans mon parcours : Une partenaire extraordinaire, avec laquelle j’ai découvert toute la richesse d’une relation de coopération entre l’humain et l’animal.
Et cette relation, j’ai aussi eu la chance de la retrouver chez les porteurs de projets que j’ai accompagnés. Certains m’ont parlé de « leur » chèvre avec cette même complicité, cette même évidence… comme on parle d’un collègue, d’un partenaire, parfois même d’un véritable membre de l’équipe.
Et si, finalement, c’était aussi cela, la médiation animale : une rencontre entre deux individus, qui deviennent partenaires pour accompagner un troisième.
Sophie Lamidey Août 2026





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