Sur le chemin de l'inclusion grâce aux fermes d'animation
- lamideysophie
- il y a 2 jours
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L'inclusion est un mot que l'on entend partout aujourd'hui. Pourtant, je constate qu'il est souvent utilisé sans que l'on sache réellement ce qu'il signifie. Au fil de mes rencontres et de mes accompagnements, je me rends compte que l'on confond encore très souvent inclusion et intégration.
Pour moi, l'inclusion est pourtant simple à définir : c'est accueillir chaque personne dans un milieu ordinaire en prenant en compte ses particularités. Ce n'est pas demander à la personne de s'adapter à un environnement pensé pour les autres. C'est au contraire adapter nos lieux, nos pratiques et nos outils afin que chacun puisse trouver sa place. Cette différence est fondamentale.
C'est aussi ce qui me passionne lorsque je travaille avec les fermes pédagogiques et principalement avec les fermes d'animation. Je suis convaincue qu'elles ont un formidable pouvoir : celui de devenir de véritables lieux de rencontre où chacun peut vivre une expérience commune, quelles que soient ses capacités, son âge ou son parcours de vie.
Pour moi, une ferme pédagogique inclusive est avant tout une ferme qui ouvre ses portes à tous les publics. Mais accueillir tout le monde ne suffit pas.
Une ferme inclusive est un lieu où les personnes se croisent, se rencontrent et vivent des expériences ensemble. C'est un lieu où l'on adapte les activités, les outils pédagogiques et les espaces aux visiteurs, et non l'inverse.
Cela peut sembler évident, mais dans la réalité, nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir.
Par exemple, une ferme qui accueille uniquement des personnes en situation de handicap est bien entendu un projet porteur de sens. Pourtant, ce n'est pas encore de l'inclusion. Les visiteurs évoluent dans un lieu qui leur est réservé, sans rencontrer le reste de la société. Nous sommes alors davantage dans une logique d'intégration.
À l'inverse, une ferme inclusive favorise les rencontres entre tous les publics. Pourquoi une classe ordinaire ne partagerait-elle pas une animation avec des jeunes d'un établissement spécialisé ? Pourquoi ne pas imaginer des ateliers ouverts à tous, où chacun participe selon ses possibilités ?
Ces rencontres sont précieuses. Elles permettent de découvrir l'autre autrement et de construire une société plus ouverte.
L'accessibilité constitue également un pilier essentiel. Une personne présentant des difficultés motrices doit pouvoir accéder aux espaces ouverts au public au même titre qu'un individu sans troubles moteurs. Si l'ensemble de la ferme ne peut pas encore être rendu accessible, il est toujours possible de réfléchir à un parcours où chacun pourra découvrir toutes les espèces présentes. L'objectif est que personne ne soit privé de l'expérience.
Je pense aussi aux outils pédagogiques. Utiliser le FALC (Facile à Lire et à Comprendre), proposer des pictogrammes, des photos, des démonstrations, des manipulations ou une communication multimodale permet de rendre les informations accessibles au plus grand nombre. Et finalement, ces adaptations profitent à tous les visiteurs.
Ce qui me fascine dans les fermes d'animation, c'est le rôle extraordinaire de l'animal.
Les visiteurs ne viennent pas pour rencontrer une personne différente d'eux. Ils viennent avant tout pour rencontrer les animaux. Et c'est précisément là que la magie opère.
L'animal devient un médiateur. Il rassemble. Il crée un objectif commun. Il donne envie de coopérer, d'échanger, d'aider et peu à peu, les différences sont acceptées.
L'autre n'est plus « la personne en situation de handicap », « l'enfant autiste » ou « la personne âgée ». Il devient simplement quelqu'un qui, comme moi, souhaite nourrir une chèvre, caresser un lapin ou brosser un cheval. L'attention n'est plus portée sur ce qui nous différencie, mais sur ce que nous partageons. Et je crois profondément que c'est ainsi que naît l'inclusion.
"Fais de ta vie un rêve, et d'un rêve, une réalité" - St Exupéry
Je rêve d'une société où les regards ne seraient plus inquiets, fuyants mais bienveillants.
Une société où chacun aurait naturellement sa place, où les différences seraient acceptées et reconnues comme une richesse et où le potentiel de chaque personne serait valorisé.
Je suis convaincue que les fermes d'animation peuvent participer à construire cette société.
Parce qu'elles sont des lieux de vie.
Parce qu'elles favorisent les rencontres.
Parce que les animaux créent du lien sans jugement.
Et parce qu'au fond, l'inclusion ne se décrète pas. Elle se vit, au quotidien, dans ces petits moments où l'on découvre que l'autre est avant tout une personne, avec laquelle nous avons bien plus en commun que nous ne l'imaginions.
Sophie Lamidey Juillet 2026




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